dimanche 27 décembre 2015

1984 (George Orwell)

Titre : 1984
Auteur : George Orwell
Genre : Dystopie
Série : /
Nombre de pages :  406 pages

Résumé :
De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée. 

Comment dire.
Je viens de finir de lire ce livre et honnêtement... j'ai l'impression que l'on vient de violer mon cerveau ?

Non mais, sérieusement, en plus. On m'avait souvent parlé de ce livre et j'ai eu conscience pendant toute ma lecture qu'il y avait vraiment une très grosse réflexion à faire pendant qu'on lisait. Mais j'ignore si c'est parce que je ne suis pas faite pour ça, que ça ne correspond pas à ma manière de réfléchir ou que je n'ai pas réussi à le faire, mais cette réflexion est tombée à plat dans mon cas.

Soyons honnêtes : la plume de George est quelque part assez lourde. L'histoire met beaucoup de temps à se "mettre en branle" - même si quelque part, c'est du coup très bien fait. C'est assez long et compliqué à lire au début, on se sent presque embourbé dans l'histoire qui n'avance pas... mais cela donne vraiment toute la dimension de cette société comme un carcan, ou l'on ne peut ni bouger, ni respirer... pas même penser. Donc c'était difficile à lire mais ça avait vraiment une raison de l'être.
Quant à l'univers, il est vraiment très bien fait, dans le sens qu'il ressemble à un monde qui aurait totalement pu être le nôtre sans quelques petits événements qui se sont passés dans notre histoire. Les détails qui sont donnés parfois sont extrêmement précis, à tel point qu'on se prend à imaginer ce qu'on serait nous, devenus dans un tel monde.

Du côté des personnages, ces derniers sont assez peu nombreux. On peut citer au palmarès Winston, notre personnage principal, la femme à la ceinture rouge, et O'Brien. Winston est assez intriguant comme personnage. Il nous surprend beaucoup - déjà rien que sur le début, quand on s'attend à voir un personnage qui essayerait de se coller à la société mais en fait, a déjà commis le pire crime qui puisse être : celui de la pensée. Il ne cesse de penser, de réfléchir à tout ce qui l'entoure, tout ce qui est, était, pourrait être. Ses réflexions sont plutôt intéressantes à suivre, même si je ne me sens pour ma part pas en droit de faire le moindre commentaire dessus. A vrai dire, je me demande même ce que j'aurais pu penser à sa place - certaines réflexions me semblent d'ailleurs à ce titre assez ... perchées, à vrai dire.
La femme à la ceinture rouge - je tairais son nom pour des raisons de spoilers - est une sorte de piment, comme la couleur qu'elle porte. Dès qu'elle apparaît, elle donne une certaine vitalité au récit, elle fait marcher la vie et le cerveau de Winston à mille à l'heure, de bien des façons à chaque fois - mais pourtant, j'ai du mal à comprendre vraiment quel était son véritable rôle dans tout ça.
Quant à O'Brien, je ne pourrais pas dire grand chose ici, à part qu'en fait, à l'instar de Winston, il s'est joué de moi du début à la fin. A tel point que je me demande encore ce que j'y ai vraiment vu, et c'est horrible comme pensée.

Quant à l'histoire, je ne sais même pas ce que je pourrais vous expliquer dessus...
Une grande partie de cette dernière est utilisée pour nous montrer, nous décrire la société, Big Brother, et tout ce qu'il s'y passe. On a vraiment l'impression en lisant d'être coincé dans une sorte de sable mouvant qui aspire toute notre vie et notre réflexion pour nous engager dans des rouages infinis qui demandent de nous que "d'avancer" dans la lecture - une obéissance muette, aveugle. Parfois, tout s'accélère, et là, on se demande simplement ce qu'il va arriver, on est plongé dans une incertitude qui fait tout vibrer, basculer, enlève la sécurité. On se prend presque à vouloir que tout redevienne comme avant - stable et sûr, connu - pour ne pas être coincé dans cette attente insupportable. On en vient à penser comme un personnage de cette masse : plutôt la sécurité connue et médiocre du Parti, la surveillance et la protection de Big Brother, que cette insécurité, cet inconnu.
Je vais vous l'avouer, pour moi qui aime tant la liberté, ç'a été atroce que de lire ce livre et de ressentir cet élan, même l'espace d'une seconde, pour la sécurité afin de sortir de cette incertitude malsaine. Je sens bien que je n'en ai pas fini avec ce livre, mais je ne suis honnêtement pas certaine de vouloir y revenir un jour.

J'avoue ne pas trop savoir quoi rajouter pour ce bilan. Ce n'est pas que je ne suis pas convaincue de la qualité du livre - simplement qu'il me dérange et me met vraiment mal à l'aise. Néanmoins, même si je ne l'ai pas dévoré comme un best-seller, je vous le recommande vraiment, au moins une fois, pour vous permettre de réfléchir à votre tour sur cette dystopie et ce qu'elle pourrait révéler sur notre propre société. 

8/10

Et on pourra dire merci au défi qui m'a fait ENFIN lire ce livre, afin de pouvoir valider le 44ème point : lire un livre banni (1984 avait été à l'époque banni dans l'URSS, si ma mémoire est bonne). 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire