mardi 29 décembre 2015

Geisha (Arthur Golden)

Titre : Geisha
Auteur : Arthur Golden
Genre : Mémoire, Récit - même pas, en fait, c'est un roman ! 
Série : /
Nombre de pages :  604 pages

Résumé :
À neuf ans, dans le Japon d'avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d'extraordinaires yeux bleus, la petite fille comprend vite qu'il faut mettre à profit la chance qui est la sienne. Elle se plie avec docilité à l'initiation difficile qui fera d'elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l'amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Les riches, les puissants se disputeront ses faveurs. Elle triomphera des pièges que lui tend la haine d'une rivale. Elle rencontrera finalement l'amour...

En préambule - on y reviendra à la fin de la chronique promis - je tiens à préciser que si j'ai eu plaisir à lire ce livre, je me suis faite ROULER proprement quant à la raison pour laquelle je m'y suis mise. Je suis donc à grincer des dents toute seule contre l'autre. Bref.
Geisha, Memoir of a Geisha de son titre anglais.
Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent à quel point j'aime, j'adore, je vénère la culture japonaise. C'est un pays pour qui j'ai une profonde tendresse et que je prendrais plaisir à visiter - plusieurs fois, même, si cela est possible. J'étais très curieuse face à la place des Geishas dans leur sociétés et c'est pour ça qu'à la base, j'ai choisi ce livre.

Il se présente comme étant les mémoires d'une Geisha nommée Sayuri, qui sont contés par l'auteur Arthur Golden. Sauf que oui. Sauf que non. En fait pas du tout. J'ai appris en me renseignant un peu (et grâce à la catégorie "remerciements") que si Arthur s'est bel et bien appuyé sur des renseignements fournis par une véritable Geisha, qui a répondu à toutes ses questions et corrigés toutes les fausses appréciations, les fausses croyances... Sayuri n'a en réalité jamais existé, il l'a inventée de toute pièce. Donc bon, pour le mémoire, on repassera mais bien correctement, hein ?
Cela dit, une chose est en revanche claire : la plume et l'univers extrêmement bien construits de Arthur font que si je n'avais pas fait ces recherches, j'aurai pu écrire cette chronique en étant persuadée que tout ça était vrai. Donc, sur ce point là, je lui tire mon chapeau : il a été époustouflant de réalisme.

Je me voyais mal analyser du coup l'histoire et les personnages puisqu'ils étaient censés être une part de la réalité, de notre histoire. Finalement, je ne vais pas m'en priver. Du côté des personnages, donc, ils sont une multitude, certains revenant plusieurs fois alors qu'on les pensait peu important, d'autres disparaissant sans rien dire... Plusieurs sont néanmoins récurrents et intéressants, notamment parmi les geishas : Mameha, Sayuri, Hatsumomo... et Pumpkin. Je trouve que chacune d'entre elle montre une facette de ce qu'il pourrait arriver à n'importe quelle geisha - que ce soit du côté de la richesse et de la célébrité, comme de la déchéance, chacune tombant dans une "disgrâce", mais de sa propre manière. Je ne listerai pas les manières ici, mais il n'empêche que j'ai eu de la peine pour Hatsumomo et Pumpkin, qui m'ont fait pas mal de peine dans leur fin. Mais je ne peux pas dire mieux de Mameha ou, dans un certain sens, de Sayuri non plus.
Les hommes sont toujours décris comme au travers d'un "filtre", un voile qui symbolise d'autant mieux le fossé entre une geisha et tout son entourage (autres geishas mises à part) : véritables œuvres d'arts vivant, comme Sayuri le dit à un moment, elles ne sont plus tout à fait humaines, plus tout à fait "présentes" - et les liens quelles tissent avec tous les autres dans la sociétés s'en ressentent comme au travers d'un voile, une nouvelle fois.

Quant à l'histoire, qui prend place au milieu d'un Japon sortant de la Première Guerre Mondiale (et qui rentrera dans la Seconde vers les 2 tiers du livre), elle suit Sayuri de bout en bout, dans le départ de son village natal après avoir été vendue (? si j'ai bien compris ? Cette partie là était un peu floue pour moi...) par son père. Elle commencera par vouloir s'enfuir de l'okiya à la recherche de sa soeur, avant de décider d'y rester, de devenir geisha avec l'aide de Mameha, sans cesser un seul instant de penser à l'homme qui la persuadera malgré lui de faire partir de cet univers jusqu'à sa fin. L'un des tours de force d'Arthur est de donner une véritable impression d'un mémoire, car lorsque "Sayuri" raconte sa vie, il lui arrive très fréquemment de se perdre en anecdotes qui ne concernent pas la même partie de son histoire, ou bien même de donner des détails que la Sayuri de l'époque n'apprendrait que des années plus tard.
Il est aussi intéressant de noter que bien qu'il y ait toute une introduction sur le fait que Sayuri vive à New-York au moment où il "rédige" son histoire, on ne sait pas comment elle y est arrivée, ce qui ne nous spoile donc pas la fin de l'histoire - un fait toujours appréciable, c'est sûr.
Parfois, je dois l'avouer, l'histoire traînait pas mal en longueurs, mais elle reflète en ce sens plutôt bien la vie de Sayuri, accélérant lorsque celle-ci était au milieu du faste des différentes fêtes, avec les hommes, les clients, les geishas... et ralentissant lorsqu'elle n'y était pas encore ou qu'elle devait quitter tout ça au milieu de la guerre.

Je n'ai donc pas beaucoup à reprocher à ce livre : l'écriture et l'univers étaient suffisamment bien construits pour m'induire en erreur, l'histoire, même si elle me donnait parfois envie de sauter quelques pages, est intéressante et ressemble bien à la construction que je me fais d'un mémoire, et les personnages offrent tous une vue plutôt intéressante du monde qui nous intéresse ici, celui des geishas. Je suis donc pour ma part très satisfaite de ma lecture. 

9/10

Et avec ce livre, je marquerai le 46ème point de mon défi : lire un mémoire. Je sais que du coup, ce livre n'en était pas vraiment un, mais... écoutez il me reste moins de deux jours avant la fin de l'année, soyez indulgents, hmm ? ;) 

Oh, et, le prochain que je chope à traiter les geishas de "prostituées de luxe" (oui,  Mr. mon professeur de français du collège, c'est VOUS que je regarde...), je lui fais avaler le bouquin. Entier. Compris ? 

lundi 28 décembre 2015

Apollo 23 (Justin Richards)

Titre : Apollo 23
Auteur : Justin Richards
Genre : Adaptation d'une série ; Science-Fiction
Série : Doctor Who (Tome 1) 
Nombre de pages :  256 pages

Résumé :
Un astronaute en combinaison spatiale apparaît au milieu d'un centre commercial bondé. Une jeune femme en imperméable rouge est retrouvée gisant morte au bord d'un cratère, sur la face cachée de la lune. Le Docteur et Amy font le lien entre ces deux événements. Depuis la lune, des aliens fomentent un complot pour enlever tous les terriens. Amy et le TARDIS s'y trouvent déjà… mais le Docteur est bloqué sur Terre… Néanmoins, il découvre un grand secret qui pourrait sauver l'humanité : Apollo 23.


On continue sur la voie des "découvertes" ; car c'est une première pour moi que de lire un livre venant d'une série télévisée (il faut dire aussi que je n'en regarde pas des masses). Et pour le coup, on a mis la barre plutôt haute car autant vous le dire tout de suite - je suis atrocement fan de Doctor Who. Ne me lancez jamais sur une discussion à ce sujet, vous le regretteriez. Beaucoup.
J'attendais donc pas mal de ce livre, surtout sachant que je ne savais pas vraiment ce qu'il me réservait, n'ayant aucune connaissance des "codes" dans le cas d'une adaptation d'une série en livre.

Et honnêtement, si je reste sceptique sur certains points, ce fut quand même un moment assez chouette à passer, il faut bien l'avouer !
A commencer par l'histoire, qui, si je ne l'ai pas trouvée au niveau d'un épisode standard, recelait tout de me^me pas mal de surprise. L'amorce est bonne (quoi qu'un tout petit peu sombre, parce que commencer en répétant "la journée était belle... pour quelqu'un qui allait mourir", ça reste glauque). Il y a de nombreux retournements de situations, certains très bons ou avec pas mal d'humour (j'adore le "Houston, nous avons un problème." si emblématique), mais. Car oui, il y a un mais : j'ignore si c'est parce que je connais quasiment par coeur la grammaire d'un Dr Who et sait que je ne dois jamais m'attendre à quoi que ce soit, ou simplement que le livre avait des faiblesses, mais j'ai deviné à presque à chaque fois la moitié d'un chapitre d'avance tous les retournements de situations qui risquaient d'arriver. On peut donc dire que le scénario était intriguant et pas mal chouette, mais bien en dessous de ce à quoi un véritable fan peut s'attendre, selon moi.

Là où les fans risquent également de grincer sérieusement des dents, c'est sur les personnages. Ceux qui sont inconnus au Bataillon sont pas mal intéressants, certes. J'ai bien aimé le Major Carlisle, qui a un sacré caractère et ne se laissera pas marché sur les pieds comme d'autres personnages tout au long du livre. Quant aux antagonistes, le peu que je puisse dire c'est que je n'ai pas vraiment été dépaysée par rapport à la série - c'est totalement un "ennemi" qu'on pourrait voir arriver dans la série - même si leurs motivations me semblent un peu floues.
En revanche, du côté d'Amy Pond et du Docteur... en fait, c'est simple, j'ai pas eu l'impression d'avoir vraiment Amy ou le Docteur sous les yeux tandis qu'ils évoluaient. Amy me semblait être une simple caricature de l'écossaise qui a un sale caractère et qui fonce droit devant elle sans réfléchir, et le Docteur était plutôt caricaturé sous les traits d'un vague génie très doué, j'ai eu du mal à sentir le côté un peu loufoque, si délicieusement autre qui caractérise notre alien préféré. Et j'ai trouvé ça extrêmement dommageable vu que le livre est basé sur lui.

Quant à la plume et à l'univers... la première est plutôt basique. Même très, très basique. Voir dix fois le terme "dit" dans le même chapitre, ça va bien mais hé, ce sont mes élèves de CM2 qui font ça, pas un écrivain publié. On pourrait dire qu'au moins il a une plume basique qui ne perd pas trop le lecteur mais à mon sens, elle aurait pu être un peu plus soignée, ça n'aurait pas fait de mal, vraiment.
L'univers, de son côté, était passable mais sans plus. On sent bien que l'auteur a parlé de cette histoire de quantique sans vraiment savoir de quoi il parlait, et l'a intégré là, sans totalement se soucier des problèmes historiques, géographies ou quantiques que cela poserait. Après, tout est plutôt cohérent dans son histoire, donc ça ne pose pas vraiment de problème, mis à part si on est pointilleux comme je peux l'être sur certains points...

Au final, qu'en retenir ? Les personnages sont plutôt bons si on ne s'approche pas trop du Docteur et d'Amy, la plume et l'univers sont basiques sans être extrêmement poussés, et l'histoire peut être bien tant que l'on n'est pas un fan hardcore très habitué à la série. C'est donc... bien, mais sans plus. Voilà tout. 

6.5/10

Et ce livre me permettra de valider le 45ème point du défi : lire un livre basé sur (ou transformé en) série TV. Allez les gens, plus que deux, on peut le faire ! ;) 

dimanche 27 décembre 2015

1984 (George Orwell)

Titre : 1984
Auteur : George Orwell
Genre : Dystopie
Série : /
Nombre de pages :  406 pages

Résumé :
De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée. 

Comment dire.
Je viens de finir de lire ce livre et honnêtement... j'ai l'impression que l'on vient de violer mon cerveau ?

Non mais, sérieusement, en plus. On m'avait souvent parlé de ce livre et j'ai eu conscience pendant toute ma lecture qu'il y avait vraiment une très grosse réflexion à faire pendant qu'on lisait. Mais j'ignore si c'est parce que je ne suis pas faite pour ça, que ça ne correspond pas à ma manière de réfléchir ou que je n'ai pas réussi à le faire, mais cette réflexion est tombée à plat dans mon cas.

Soyons honnêtes : la plume de George est quelque part assez lourde. L'histoire met beaucoup de temps à se "mettre en branle" - même si quelque part, c'est du coup très bien fait. C'est assez long et compliqué à lire au début, on se sent presque embourbé dans l'histoire qui n'avance pas... mais cela donne vraiment toute la dimension de cette société comme un carcan, ou l'on ne peut ni bouger, ni respirer... pas même penser. Donc c'était difficile à lire mais ça avait vraiment une raison de l'être.
Quant à l'univers, il est vraiment très bien fait, dans le sens qu'il ressemble à un monde qui aurait totalement pu être le nôtre sans quelques petits événements qui se sont passés dans notre histoire. Les détails qui sont donnés parfois sont extrêmement précis, à tel point qu'on se prend à imaginer ce qu'on serait nous, devenus dans un tel monde.

Du côté des personnages, ces derniers sont assez peu nombreux. On peut citer au palmarès Winston, notre personnage principal, la femme à la ceinture rouge, et O'Brien. Winston est assez intriguant comme personnage. Il nous surprend beaucoup - déjà rien que sur le début, quand on s'attend à voir un personnage qui essayerait de se coller à la société mais en fait, a déjà commis le pire crime qui puisse être : celui de la pensée. Il ne cesse de penser, de réfléchir à tout ce qui l'entoure, tout ce qui est, était, pourrait être. Ses réflexions sont plutôt intéressantes à suivre, même si je ne me sens pour ma part pas en droit de faire le moindre commentaire dessus. A vrai dire, je me demande même ce que j'aurais pu penser à sa place - certaines réflexions me semblent d'ailleurs à ce titre assez ... perchées, à vrai dire.
La femme à la ceinture rouge - je tairais son nom pour des raisons de spoilers - est une sorte de piment, comme la couleur qu'elle porte. Dès qu'elle apparaît, elle donne une certaine vitalité au récit, elle fait marcher la vie et le cerveau de Winston à mille à l'heure, de bien des façons à chaque fois - mais pourtant, j'ai du mal à comprendre vraiment quel était son véritable rôle dans tout ça.
Quant à O'Brien, je ne pourrais pas dire grand chose ici, à part qu'en fait, à l'instar de Winston, il s'est joué de moi du début à la fin. A tel point que je me demande encore ce que j'y ai vraiment vu, et c'est horrible comme pensée.

Quant à l'histoire, je ne sais même pas ce que je pourrais vous expliquer dessus...
Une grande partie de cette dernière est utilisée pour nous montrer, nous décrire la société, Big Brother, et tout ce qu'il s'y passe. On a vraiment l'impression en lisant d'être coincé dans une sorte de sable mouvant qui aspire toute notre vie et notre réflexion pour nous engager dans des rouages infinis qui demandent de nous que "d'avancer" dans la lecture - une obéissance muette, aveugle. Parfois, tout s'accélère, et là, on se demande simplement ce qu'il va arriver, on est plongé dans une incertitude qui fait tout vibrer, basculer, enlève la sécurité. On se prend presque à vouloir que tout redevienne comme avant - stable et sûr, connu - pour ne pas être coincé dans cette attente insupportable. On en vient à penser comme un personnage de cette masse : plutôt la sécurité connue et médiocre du Parti, la surveillance et la protection de Big Brother, que cette insécurité, cet inconnu.
Je vais vous l'avouer, pour moi qui aime tant la liberté, ç'a été atroce que de lire ce livre et de ressentir cet élan, même l'espace d'une seconde, pour la sécurité afin de sortir de cette incertitude malsaine. Je sens bien que je n'en ai pas fini avec ce livre, mais je ne suis honnêtement pas certaine de vouloir y revenir un jour.

J'avoue ne pas trop savoir quoi rajouter pour ce bilan. Ce n'est pas que je ne suis pas convaincue de la qualité du livre - simplement qu'il me dérange et me met vraiment mal à l'aise. Néanmoins, même si je ne l'ai pas dévoré comme un best-seller, je vous le recommande vraiment, au moins une fois, pour vous permettre de réfléchir à votre tour sur cette dystopie et ce qu'elle pourrait révéler sur notre propre société. 

8/10

Et on pourra dire merci au défi qui m'a fait ENFIN lire ce livre, afin de pouvoir valider le 44ème point : lire un livre banni (1984 avait été à l'époque banni dans l'URSS, si ma mémoire est bonne). 

jeudi 24 décembre 2015

Liaisons d'Enfer au Paradis (Oeuvre Collective)

Titre : Liaisons d'Enfer au Paradis
Auteur : Sarah Mlynowski ; Claudia Gray ; Maureen Johnson ; Cassandra Clare ; Libba Bray
Genre : Fantastique ; Nouvelles
Série : / ("Enfer au Paradis ?)
Nombre de pages :  256 pages

Résumé :
Partir en croisière sur un paquebot de luxe, rencontrer l'homme de sa vie à la mer ; se prélasser au soleil dans le sud de la France ou aux Caraïbes, faire un tour d'Europe avec ses amis... le rêve ! 

Mais quand vampires, sorcières, psychopathes, démons et fantômes se joignent au voyage, les vacances se transforment vite en cauchemar... 

Joyeux Noël à ceux qui fêtent déjà ces dernières ce soir, pour moi ce sera demain ! Et pour fêter ça, que diriez vous d'un peu de fantastique et d'horreur ?
Cette chronique sera un peu différente des précédentes - étant donné qu'il ne s'agit pas d'une seule grande histoire mais de cinq plus petites, je me vois mal faire l'analyse habituelle sur la plume, l'histoire et les personnages fois 5, ce sera un peu compliqué (et long). Donc à la place, je vais donner mon avis sur chacune des histoires assez rapidement, donc un peu plus superficiellement.

La première ouvre le bal, selon moi, plutôt en beauté : elle pose le premier décor (sur un bateau) et le but de cette première histoire (la première fois de notre héroïne). Tout cela parait très vain sur le début, on se demande où veut en venir l'auteur. En fait, j'ai même eut l'impression que cette dernière était incroyablement plate, jusqu'à ce que soit faite mention de vampire et que les garçons commencent à apparaître. A partir de là, j'ai vaguement pressenti où tout cela allait mais je suis restée très surprise par la fin. Je dirai donc que si les personnages sont de véritables clichés ambulant dont certains ne servent pas à grand chose, la plume est plutôt agréable, mais l'histoire reste le tour de force avec un retournement final très intéressant.

La seconde histoire nous introduit dans le cercle fermé des sorcières. J'ai pour ma part beaucoup aimé cette seconde histoire - le personnage principal est presque aussi maniaque que moi, c'était très drôle. J'ai surtout bien aimé sa tendance à décider de se bouger seule quand elle voit qu'elle ne sera pas aidée par son entourage. L'histoire ne casse pas vraiment des briques - on voit le dénouement arriver d'assez loin, mis à part un petit retournement assez rigolo. Quand à la plume, c'est intéressant, l'univers est bien construit et parait très plausible dans notre monde. Je grimacerai juste sur un petit point concernant une règle énoncée et qui semble servir de fil rouge, mais dont je ne comprend bizarrement pas le dénouement...

La troisième partie est... comment dire. Je reste totalement sceptique face à elle, que ce soit au point de vue de l'histoire (une loi ? mais comment elle fonctionne ? et surtout, qu'est-ce qu'il se passe à la fin parce que pour ma part j'ai littéralement  rien compris. Vraiment.), des personnages (que j'ai trouvé absurdement vides ou plat, malheureusement... la moitié de leurs agissements sont dictés par l'idiotie, selon moi.), et une plume... étrange. D'accord, on reconnait bien le Sud de la France, mais à part ça... en fait, j'ai vraiment eu l'impression que tout était un peu trop téléphoné et surtout, trop rapide dans le déroulement de l'histoire. C'est dommage.

Notre quatrième récit, fait par une auteur que l'on connait bien (coucou Mortal Instrument), relevait quand même un peu le niveau. C'est, étrangement, l'histoire vraiment la plus sombre, qui met en scène une héroïne qui n'aura pas peur de faire quelque chose de tout bonnement atroce et de son plein gré pou éviter des ennuis et surtout, récupérer la personne qu'elle aime, si on peut le dire ainsi. Donc du point de vue de l'histoire, je dois l'avouer, j'ai été... surprise par cette noirceur. La plume reste celle de Cassandra, elle est donc sobre mais agréable à lire. Quand aux personnages... je les ai pas mal aimés - la taille de la nouvelle fait qu'on ne peut pas trop les décrire et les

Enfin, la dernière histoire terminera le livre, pour moi, sur une note un peu déçue malheureusement. L'histoire est très décousue, on commence sur un récit à la première personne, mais on ne comprend pas très bien à quel moment est-ce que le personne débute vraiment son récit, à quel moment il se pose pour en parler... De plus, les personnages sont restés très superficiels pour ma part, à tel point que je ne parvenais pas à me rappeler qui était qui (John ? Bar ? Euh...). Il y est fait mention d'une voyante qui fait des prédictions mais on ne comprend pas à quoi elles servent... Quand à l'histoire, elle contenait certes de bons retournements comme la nature des fantômes ou bien celle des anciens du village, mais je ne suis pas certaine que ça suffise à sauver le tout, malheureusement.

Au final, je dirai donc que ce livre est une sorte de pot-pourri qui propose plusieurs nouvelles, qui selon leur genre plairont plus à certaines personnes qu'à d'autres. Pour ma part, j'en ai bien aimé certaines et beaucoup moins d'autres, sans vraiment en haïr ou en adorer une plus que les autres. C'était donc un moment sympa à passer, mais sans plus. 

7/10

Et grâce à ce livre, on signera le 43ème point du défi : lire un livre avec des antonymes (enfer et paradis) dans le titre ! Plus que quatre, allez on peut le faire ! ;) 

mercredi 23 décembre 2015

La Prophétie des Pierres (Flavia Bujor)

Titre : La Prophétie des Pierres
Auteur : Flavia Bujor
Genre : Fantasy / Fantastique
Série : /
Nombre de pages :  404 pages

Résumé :
Trois jeunes filles, Jade, ambre et Opale, issues de milieux différents, découvrent le jour de leur quatorzième anniversaire qu'elles ont été adoptées. L'écho d'une ancienne prophétie les oblige à quitter leur famille pour accomplir leur mission dans un lointain Royaume. Chacune se voit alors remettre, pour seule arme, une pierre magique correspondant à son prénom. Bien que tout les oppose, elles devront apprendre à se faire mutuellement confiance pour échapper aux dangers qui les guettent. Elles entament un long voyage jusqu'à Oonagh, l'oracle mystérieux qui deviendra leur guide. Leur quête les conduira à livrer bataille aux forces du mal. 
De nos jours, dans un hôpital parisien, une jeune fille de quatorze ans lutte contre la mort. Joa ne parle plus, ne se bat plus, mais elle rêve, et ses songes l'emportent dans un monde féerique où trois héroïnes mènent un combat épique. Au bout de leurs aventures réside un secret qui pourrait lui redonner une raison de vivre. 

Un jour, il y a des années de ça, je me suis fait une amie.
Une amie qui a découvert que j'aimais lire autant qu'elle, et qu'on avait pas mal de goûts communs en lecture. Cette amie a donc décidé de commencer à me prêter des livres. Et parmi ces derniers, il y avait les livres de Bottero, les Eragon, même les Eveilleurs... et puis ce livre.
A vrai dire, ce livre a même été le premier que cette amie m'ai prêté. Et je pense qu'il a, à l'époque de mes treize ou quatorze ans, beaucoup joué dans la construction de celle que je suis aujourd'hui. J'y ai donc attaché une tendresse très, très particulière... Mais promis, je vais essayer d'être le plus objective possible, malgré la nostalgie qui m'envahit à chaque fois que je plonge entre ces pages.

Et déjà bon euh.
C'est quoi ce résumé sérieusement ?! On dirait qu'on a décidé de coller le maximum de détails de l'histoire (sérieusement Oonagh n'est normalement même pas nommé avant au moins la moitié du livre) dans ce résumé... je suis d'accord qu'il faut appâter le lecteur, mais là il n'est pas appâté, il est presque gavé...
Enfin bref.

Puisqu’on est partis sur le résumé, continuons sur l'histoire : c'est clair que parfois, elle a des "trous", des amorces qui ne finissent nulle part. Mais je la trouve tout de même plutôt bien construite. Il y a un lien qui se fait entre les deux parties du récit que je trouve très intéressant d'un point de vue philosophique, vis à vis de ce que l'auteur cherche à amener. Il y a également plusieurs "mystères" qui se résolvent petit à petit, nous faisant passer de révélation en révélation, parfois fausses, parfois justes - quasiment des montagnes russes.
Donc certes, elle a parfois des points faibles (comme par exemple, le fait qu'on déclare les trois filles "ennemies" au tout début... pourquoi ? d'où ça sort ??), mais je trouve qu'elle est tout de même suffisamment bien construite pour être captivante, et surtout, elle pousse à se poser des questions.

J'aime beaucoup la plume de l'auteur - qui est très fluide, pour quelqu'un de 14 ans. Elle se laisse facilement lire, même dévorer, sans aucun problème. Le vocabulaire reste assez simple - quelque chose qui est pour moi une bonne chose sachant que beaucoup de jeunes auteurs tentent de se donner un style en ajoutant des mots compliqués ou un peu inconnus (on ne parlera pas de Stephenie Meyer et ses "marmoréen", hein ?). L'univers quant à lui est plutôt intéressant. J'aime beaucoup cette idée d'avoir par exemple personnifié la Mort, que l'on croise à un moment. J'aime le mélange de passé et de présent que l'on suit tout au long de l'histoire, sans même s'en rendre compte. Comme je l'ai dit plus haut, il y a parfois quelques petites incohérences, mais rien de trop dérangeant.

Enfin, les personnages sont pour le moins hauts en couleur. On en suit quatre avec beaucoup d'attention (et une cinquième par intermittence) : l'Innommé, qui apparaît assez tard, et Jade, Opale et Ambre, les trois pierres dont parle la prophétie. Chacune des trois demoiselles a un caractère assez affirmé au début qu'il est aisé de reconnaître et auquel s'attacher : Jade est effrontée, avec du caractère, Ambre plus fragile et douce, et Opale, discrète mais très observatrice. Mais ces trois caractères vont s'affirmer et évoluer en même temps que leur amitié, jusqu'à leur permettre d'emprunter des qualités les unes aux autres. J'ai beaucoup aimé par ailleurs le parallèle qui est fait entre le cinquième personnage et les trois demoiselles, notamment le fait qu'elle emprunte successivement des caractéristiques à chacune d'entre elle au fil de l'histoire, selon l'état dans lequel elle se trouve. C'est une analyse plutôt sympathique à faire et dont on peut se rendre compte lorsqu'on y relit. Au final, même si tous les personnages n'étaient pas toujours très sympathiques (j'ai eu envie de gifler Jade plusieurs fois, par exemple), ils étaient généralement toujours bien construits et agréables à suivre.

Au final, on a donc une plume sobre mais très convaincante dans un univers qui sait se dévoiler quand il le faut, des personnages sympathiques et hauts en couleurs, et une histoire qui a certes ses faiblesses mais que j'ai beaucoup aimé la première fois et que j'aime toujours autant. Alors en tenant compte du fait que cette note est colorée par la filtre de la nostalgie, je lui donnerai un...

8.5/10

Et un petit youpie, car nous avons là un livre qui rempli les points 41 et 42 du défi : lire un livre de mon enfance, et un livre que ma mère aime (elle me l'a piqué dès que je l'ai racheté... heh.)

samedi 19 décembre 2015

La fille aux Licornes (Lenia Major)

Titre : La fille aux Licornes
Auteur : Lenia Major
Genre : Fantasy
Série : La fille aux Licornes (Intégrale)
Nombre de pages :  575 pages

Résumé :

Ascane a été choisie pour devenir licornière du roi, au grand dam de Séber, le maître licornier, qui ne veut pas d'une fille parmi ses apprentis. 
Aventureuse et tenace, la jeune fille, accompagnée de la licorne sauvage qu'elle a sauvée de la mort, va devoir traverser des terres hostiles et lutter contre des forces obscures pour sauver le royaume d'Ampleterre. 

Hmm.
Je vous avoue avoir du mal à savoir comment et par où débuter cette chronique, en fait. Le livre m'a littéralement sauté à la figure lorsque je suis passée à la bibliothèque il y a presque un mois (non, ça n'est pas une image. En voulant attraper un autre livre, celui-là m'est presque tombé dessus... oui, je me fais attaquer par des livres maintenant. Hem.), j'ai donc décidé de le tenter, vu qu'il avait un résumé très intéressant.

Et au final... j'ignore si c'est que je me suis fait un peu trop de films pour ce que le livre me proposait ou bien lui qui est un peu décevant par rapport à son propre résumé, mais en le finissant, j'ai vraiment eu une impression de creux, ou d'inachevé... ce qui est profondément dommage, à mon sens, parce qu'il partait pour offrir beaucoup de choses très chouettes.

L'univers est très clairement une sorte d'Angleterre fantasy (qui a pour nom Ampleterre). Le pays ressemble presque totalement à l'Angleterre du Moyen-Âge que l'on connait, avec ses chevaliers, ses rois et ses guerres... si tant est qu'il y a un corps de chevalerie spéciale : celui des licorniers. Mais mis à part ce "détail" et la présence de magie (sortilèges, magie des licornes...), je n'ai pas vraiment l'impression de me retrouver dans un monde magique, étrange, autre... en fait, c'est comme si on avait pris une écurie lambda, et mis des chevaux avec des cornes dedans. La magie fait certes partie de tout ça, mais ... c'est comme si c'était quelque chose qui avait été un peu rajoutée, quelque part ?

Certes, elle fait partie de l'histoire au niveau central puisque l'antagoniste utilise une magie très sombre afin de pouvoir prendre contrôle du pays, mais mis à part ça, on en parle pas, on ne sait pas comment elle est utilisée, apprise, mise en place... bref, elle ne semble pas vraiment fait partie de l'univers et c'est dommageable.
Du côté de l'histoire elle-même, je me suis sentie un peu étrange face à la lecture, ne comprenant pas pourquoi, en passant d'une "partie" à l'autre, l'auteur se mettait à répéter tout ce qu'elle venait d'écrire.
... Avant de comprendre qu'en fait, il s'agissait d'une intégrale, et que les parties correspondaient aux trois tomes. Et là je me dis : en fait, ces trois romans en un sont problématiques parce que déjà, ils sont très courts les uns par rapport aux autres, mais surtout... je n'ai pas vraiment l'impression que pris seuls, le premier tome en tout cas, n'accomplisse grand chose... et ça me pose problème.

Néanmoins, si on prend l'histoire sans trop s'attarder à tout ça, elle n'est pas si mauvaise. J'aime beaucoup tout le combat que Ascane passe le livre à mener, contre les préjugés sur le fait qu'elle soit la seule licornière - surtout quand on recolle ça aux légendes qui disent que normalement, seules les filles vierges peuvent approcher une licorne. On se retrouve du coup face à une sorte "d'inverse" de la légende qui est très intéressant.
L'intrigue ne casse pas toujours des briques (j'ai vu venir le retournement final à plusieurs kilomètres, honnêtement), mais elle était plutôt agréable à suivre, quoi qu'un peu rapide.

Les personnages, enfin, étaient pour le moins intéressants.
J'ai beaucoup aimé Ascane, qui n'est pas toujours la plus forte, a une certaine sensibilité, mais sait s'opposer aux choses et aux autres s'il le faut... à commencer par Météor, avec qui elle partage un certain lien. Météor qui est plutôt réussi pour une licorne : un sacré caractère, mais une façon de réagir et d'agir qui est tout sauf humaine. Beaucoup plus simple, même si plus mystérieux.
J'ai surtout bien aimé leurs interactions, montrant que parfois, Ascane devait savoir s'imposer face à Météor, qui la traitait comme un poulain ignorant.
Les compagnons de la demoiselle - autres apprentis licorniers avec elle - étaient plutôt sympathiques, mais trop uni-dimensionnels à mon goût. J'ai vraiment retenu que "Fergall est timide, Ergaël est buté et fonceur." En fait pour vous avouer la vérité, j'ai même des doutes sur leur prénom, hem.
Enfin, j'ai bien aimé Serber, en "semi-antagoniste" dans le livre, torturé par son passé et son sale caractère... c'est un plaisir que de le haïr au départ, puis de comprendre ensuite quelques raisons qui font qu'il agit comme cela. Je ne dirai rien sur le véritable antagoniste, en revanche, pour éviter de vous spoiler quoi que ce soit... ce sera à vous de voir !

Donc si l'on résume... l'univers partait pour être intéressant, au vu du résumé, mais il est à mon sens pas assez intégré ou développé. L'histoire est tout juste suffisante au vu de sa longueur, et j'ai parfois eu du mal à la suivre, à être intéressée. En revanche, je trouve que les protagonistes (les principaux en tout cas) sont plutôt bien fait et sauvent une partie du navire de la noyade. Il en reste que cela n'a pas été aussi génial que je le pensais, malheureusement... 

6.5/10

mardi 15 décembre 2015

❤ Les fiancés de l'hiver (Christelle Dabos)

Titre : Les fiancés de l'hiver
Auteur : Christelle Dabos
Genre : Fantasy
Série : La Passe-Miroir
Nombre de pages :  519 pages

Résumé :
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope,Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel. 

Bon, qu'on soit clairs tout de suite, vous et moi.
J'ai commencé ce livre en soirée, mardi soir si je me souviens bien. J'en avais déjà dévoré un certain bout mais ayant une très lourde journée à l'université le lendemain et donc besoin de me concentrer, j'ai choisi d'être sage et d'arrêter le livre, malgré mon envie de continuer, pour dormir.

...
Et puis je l'ai empaqueté dans mes affaires malgré la taille du bouzin et la lourdeur de mon sac, le trimballant avec moi toute la journée et l'ouvrant dès que j'avais quelques instants.
Je l'ai terminé le lendemain, entre deux moitiés de journées passées avec mes enfants. Vous l'aurez donc compris, je n'ai pas pu lâcher la chose, j'y rêvassais dès que j'avais quelques instants, me demandant ce qu'il allait vraiment arriver à Ophélie, dans ce monde si étrange et merveilleux qui est le sien.

Parce que soyons honnêtes. Une écharpe-golem qui a sa propre vie, s'enroule autour du cou de sa propriétaire comme un chat câlin et endormi. Un monde fragmenté, brisé en morceaux qui ont chacun leur propre spécificité. Des personnages qui ont comme pouvoir d'animer les objets, de leur offrir une certaine sensibilité (comme les lunettes qui se répareront plus vite si elles se sentent utiles). Le fait de pouvoir remonter le temps grâce au passif d'un objet. Celui de traverser des miroirs, bon sang !!
Non, sérieusement, comment j'aurai pu ne pas être totalement emportée par l'histoire dès les premières lignes qui parlent de l'âme d'une vieille maison et du sale caractère qu'elle en développe avec l'âge ?!
Sans compter que la plume de Christelle est très agréable ; elle est jeune mais elle apporte quelque part du sang neuf. Sans proposer des révolutions de style comme le faisait Tahereh Mafi, elle joue agréablement avec les mots un peu désuets et colorés pour offrir une véritable palettes de sentiments, aux personnages, aux objets... ou au lecteur.

J'ai quelque part un pincement au coeur lorsque je lis ce livre - surtout quand je l'ouvre sur sa première page. Tout simplement parce que ce dernier a été publié à l'occasion du concours des premiers romans dont il a été le vainqueur, concours auquel j'ai moi-même participé pour sa troisième édition, cette année. Quelque part, le roman de Christelle représente ce que j'aimerais un jour atteindre comme objectif et savoir faire.

Savoir faire qui se retrouve également parmi les personnages que j'ai trouvé hauts en couleurs, pour le moins. Chacun a une personnalité plutôt bien définie, parfois, je dois l'avouer, un peu unidimensionnelle, mais avec toujours des explications, un background. Oui, le père d'Ophélie est très effacé derrière sa femme - mais après tout, lorsqu'on voit la physionomie de l'imposante dame, on peut comprendre pourquoi il l'est.
Quant aux personnages plus centrés dans l'intrigue - Ophélie, Thorn, Bérénilde, Rosaline... - ils sont délicieux de contrastes, d'oppositions, de complexité. J'ai aimé notre Ophélie, discrète mais combative, timide mais déterminée. Elle est perdue mais n'a pas envie de se laisser complètement dicter cette vie qu'on lui a imposé. Oui, elle a dû quitter son monde, son musée, ses amis pour une autre vie... mais puisqu'il lui faut en vivre une nouvelle, alors autant la construire d'elle-même !
Thorn m'était parfaitement antipathique au départ, à l'image d'Ophélie. Mais plus l'histoire avance, plus on en apprend sur lui, et plus j'ai commencé à l'aimer... même plus que notre héroïne, je crois bien. J'ai une certaine tendresse pour lui, malgré ce que peut ressentir la demoiselle. On verra bien si elle rejoindra mon point de vue ou moi le sien dans les prochains tomes !

J'ai, je dois l'avouer, une tendresse particulière pour Bérénilde. Elle semble frivole sur le départ, puis calculatrice, cruelle, presque inhumaine... et pourtant si fragile et délicate. C'est à se demander ce qu'elle est vraiment, jusqu'aux presque toutes dernières pages. C'est, à mon sens, au travers de ce personnage qu'il nous est permis de vraiment mesurer la complexité de l'endroit où Ophélie a atterrit, et ce qui l'attend si elle ne fait pas vraiment très attention.
Quant à Rosaline, la tante d'Ophélie... je dois avouer avoir accordé moins d'attention à la dame, qui est plus discrète et passe-partout au bout d'un moment... malgré des débuts un peu irritants au vu de l'attitude qu'elle employait pour commencer.

Et on en arrive ainsi à l'histoire. La pièce montée sur l'univers. Tout ça s'ouvre et se termine sur des passages plutôt énigmatiques. Ils conduisent ensuite à notre monde fragmenté, aux réflexions d'Ophélie sur ce mariage imposé et ce fiancé dont elle ne veut pas, sa vie qui part en morceau. Et tout cela s'enchaîne ensuite tandis qu'elle s'apprête à changer d'Arche (ces bouts de terres issus du monde brisé). Entre le mystère des textes du début, les intrigues, les Ancêtres, son fiancé... on ne peut pas dire que ces livres manquent de problèmes à résoudre. Et même au terme de ce tome 1, je crois qu'il y en a en fait encore plus qu'au début. C'est le moins qu'on puisse dire, cette histoire s'annonce compliqué !
Je n'aurai ici qu'un seul petit regret à formuler : je trouve qu'on exploite assez peu tout cet univers créé par Christelle, qui m'apparaît comme étant presque mirrifique et tellement beau. C'est comme si on me montrait une sublime fournée de cookies tous délicieux mais différents, mais qu'on me demandait de n'en goûter qu'un ou deux. C'est un peu... frustrant. J'espère donc avec beaucoup d'ardeur que le prochain tome (qui trône déjà dans ma PAL, croyez moi que je ne vais pas résister longtemps à la lecture... !) offrira un peu plus de ce côté là !

Des personnages hauts en couleurs et convaincants. Une histoire remplie de mystères, de révélations, de complexité. Un univers si beau et fantastique qu'on peine même à en rêver. Et de la frustration dans tous les coins de ne jamais en avoir assez. 
...
Sérieusement, vous attendez quoi ?! 


10/10 ❤