vendredi 13 juin 2014

Darshan (Jade Baudain)

Titre : Darshan (tome 1) 
Auteur : Jade Baudain
Genre : Fantasy
Série : Silva
Nombre de pages : 279 pages

Résumé :
Astalokë fut un royaume construit dans la douleur et la guerre, pour permettre à son peuple de vivre libre, loin des anciens empires qui le réduisirent en esclavage. Ils gagnèrent leur liberté en soutenant une autre race mourante, les vieux dragons d'Amaltheren, qui une fois le royaume bâti vécurent un temps avec leurs alliés, et disparurent finalement, pour tomber dans la légende et le culte. Seul un demeura lié à la famille royale des Silva, sous forme d'esprit transmis à chaque souverain et souveraine : Darshan. 
Huit siècles plus tard le pays est déchiré par la guerre civile après que le lien entre Darshan et les Silva fut rompu, lors de la guerre qui opposa Anadès Silva, monarque d'Astalokë, et les royaumes humains de Proclès et Iphaé. Lliane est l'héritière en titre, et spoliée de ses droits par le roi. Ce sont ses frères qui intriguent pour fédérer les seigneurs du royaume derrière elle, afin de lui rendre le trône. Mais ni les nobles, ni le peuple n'éprouvent de sympathie pour elle. On ne connaît pas son visage, on ne connaît pas sa valeur. Tenue à l'écart de son pays, la jeune femme n'a dès lors plus qu'un moyen pour acquérir sa légitimité : retrouver Darshan, dont le temple a été perdu dans les anciennes terres de l'Est, entre les empires qui jadis utilisèrent son peuple comme esclave. 
Alors que Lliane s'enfonce à l'Est avec ses frères et que les forces se rassemblent, une crainte continue de la ronger. Celle de ne pas être la légitime détentrice de Darshan. 


Pour du résumé, ça, je vous l'avoue, c'est du résumé !
Résumé d'un livre qui n'est pas dans la PAL ni dans ma liste actuelle de lecture, mais qui est en réalité le premier tome de Sang Royal (le tome que je lis en ce moment). J'ai désiré vous faire cette chronique inachevée avant de poster celle sur le tome 2, pour deux raisons. Déjà parce qu'il s'agit d'un livre très peu connu du grand public, car imprimé "à la main" (entendez par une petite maison d'édition amateur très peu connue), et ensuite car ce livre ne se trouve qu'à deux endroits : sur internet (sur le site de lulu.com) et aux conventions, Japan Expo ou Polymanga, entre autres. Ce deuxième point est important, car pour les lecteurs me lisant et qui iraient à la Japan Expo cette année, sachez que l'auteur sera présente au stand d'Hiraeth, et qu'elle y vendra les tomes 1, 2 et 3 (!!) de la saga des Silva. Je trouvais donc important de vous présenter correctement à cet univers que je trouve ma foi passionnant !

Pourquoi donc, me direz vous ?
Eh bien déjà, et ça n'est pas un grand secret quand on voit la couverture de ce premier tome, parce que ça parle de dragons !!!  (ceux qui me connaissent savent que je voue un culte à ces merveilleuses créatures). C'était d'ailleurs pour ça que j'avais décidé d'acheter et de lire le livre à la base. Il y a donc une histoire avec des dragons, même si ces derniers sont au départ peu présent. Mais ça n'est pas si grave : l'univers, le scénario, les personnages et surtout la plume de l'auteur savent nous embarquer avant l'arrivée des grandes stars (hein, moi, exagérer ? Mais non roh !).

L'univers, pour commencer, est passablement complet. On y découvre deux races principales (les elfes noirs et les humains), divisés en plusieurs pays qui ont une sacrée tendance à se faire la guerre. Ils sont tous chargés d'un passé qui ressort souvent des conflits avec beaucoup de réalisme, détail qui sait bien me plaire. L'histoire et la façon de fonctionner, en particulier, du pays des elfes, est pas mal intéressant dans sa complexité et surtout, dans son lien avec le dragon (vous l'attendiez, lui, hein ?). Bref de ce côté là, je crois que mon seul reproche serait plus une sorte de compliment : pourquoi on en sait pas plus ?! (Pour le mystère, je sais... rah !)

Le scénario, lui, est un des points fort de ce livre à mon avis. L’histoire dans ce premier tome est partagée entre d'un côté, le plus grand des frères de Lliane, qui s'occupe de "garder la maison" contre les armées royales le temps que cette dernière (qui est le second point de vue) se met en route, comme vous l'avez vu dans le résumé, pour traverser tout le continent et aller se paumer dans une forêt pour trouver son maudit dragon. Et quel voyage ce sera ! Je vous avoue qu'au début je grognais à chaque changement de point de vue tant j'avais envie de continuer les aventures de Lliane et son groupe. Mais Morquendi réussit à se faire aimer au fil des pages, et ce qui lui arrive n'est pas du plus drôle non plus.
Moi qui n'est en général pas très versée dans la politique entre pays et les coups d'état, pour une fois je me suis surprise à beaucoup aimer ce parfum là, dans ce livre, c'est donc une réussite !

Du côté des personnages, ils sont pour le moins haut en couleur, c'est le cas de le dire !
Lliane la première qui, je dois l'avouer, n'a pas remporté un franc succès de mon côté au début. Je la trouvais vraiment très peu débrouillarde, au point d'avoir envie de lui mettre un ou deux coups de pied là où je pense, au début. Mais elle s'endurcit au fur et à mesure que le voyage se déroule, et j'imagine qu'après avoir été choyée dans des draps de soie et mise à l'écart de tout pendant des années, c'était un travers de caractère auquel il fallait s'attendre. La "rébellion" qui commence à s'annoncer peu à peu est très intéressante, et je trouve l'histoire du lien avec le dragon très, très bien foutu.
Ses trois compagnons de voyage m'ont un peu moins plu, honnêtement. J'avais une assez mauvaise estime de William pour ce qu'il était (mais je ne vous dis rien, vous le découvrirez vous-même !), et je dois avouer que Geoffroy me tape littéralement sur les nerfs à tout vouloir décider. Quant à Azrayen... je sais pas. Je n'ai pas encore réussi à me forger totalement un avis, mais je le trouve sacrément troll, quand même.
Par contre, un petit coup de cœur pour Solèn, qui m'a littéralement fait craquer quand je l'ai découvert !

Je pense qu'au final, la seule chose qui m'aura un peu freinée dans ma lecture, et c'est dommage, c'est la plume elle-même de l'auteur. Cette dernière n'est pas aussi fluide qu'elle pourrait l'être, et gagnerait à faire un peu plus de paragraphes : parfois, on a des pages entières de pavé, et si l'histoire est intéressante, c'est des fois un peu dur de lire sans se perdre entre toutes ces lignes. Sans compter que parfois, les fautes sortent un peu de la lecture, mais sachant que c'est une impression un peu plus "amateur", je comprends leur présence (et j'aide même à faire la bêta-lecture !).

En conclusion : malgré une plume parfois un peu maladroite, l'histoire est intéressante et portée par un univers qui me plait beaucoup même si j'aimerais en savoir plus, et des personnages qui ma foi, même s'ils ne remportent pas l'unanimité, ne laissent pas indifférent ! Donc malgré les bémols, il remporte malgré tout un honorable : 


7 / 10

Et exceptionnellement, je vous fait un peu de pub pour l'artiste qui réalise les merveilleuses couvertures de ces livres : Anndr , elle mérite vraiment d'être connue ! 
Pour lire la chronique du tome 2, par ici !

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jeudi 12 juin 2014

Les Vents Furieux (Mercedes Lackey)

Titre : Les Vents Furieux (tome 3) 
Auteur : Mercedes Lackey
Genre : Fantasy
Série : Cycle de Valdemar - la Trilogie des Vents
Nombre de pages : 504 pages

Résumé :
Valdemar est de nouveau en péril, menacé par le maléfique Ancar qui tente sans relâche de contrôler le royaume. Et cette fois, il pourrait bien réussir.... Il prépare un assaut comme on n'en a pas vu depuis cinq cents ans ; depuis que Vanyel, le dernier Héraut-Mage, a su protéger son pays des pires attaques magiques. Et avec les anciennes protections sur le point de se dissiper, la princesse Elspeth et son peuple pourraient vite se retrouver sans défenses face à un ennemi armé de sorts auxquels personne ne saurait résister. Mais quand tout espoir semble perdu, Elspeth se découvre un allié mystérieux, un esprit puissant venu d'un passé oublié... 


Attention amis lecteurs, ceci est la chronique du troisième tome, les spoilers sont nombreux dans la région... 

Eh bien voilà.
Si vous pouviez m'entendre, je vous assure que vous vous demanderiez pourquoi je soupire depuis cinq minutes. C'est pourtant simple. Le troisième tome de la trilogie des Vents est là, achevé, en attente de sa chronique depuis déjà deux jours (examens oblige, désolé). Et j'ai encore du mal à faire mon "deuil" des personnages, comme à chaque fin de trilogie avec Mercedes Lackey. On s'attache tant et si bien à tout ce qui fait ses livres que c'est un véritable déchirement de les quitter ensuite.
Et donc, ce déchirement ?

C'en est un à tout point de vue, comme pour les deux premiers tomes, en pire car je sais que pour l'instant je n'ai pas de "suite" sous la main (il existe une trilogie de plus, la trilogie des tempêtes, mais je ne l'ai pas encore). C'en est un, déjà, de devoir quitter l'univers si bien construit qui s'est achevé dans ce troisième tome - surtout lorsqu'on a lu comme moi tous les autres livres et qu'on a pu voir à quel point elle a réunit toutes leurs caractéristiques dans cette trilogie, comme si elle avait créé un cercle, mis des jalons, et que les Vents étaient là pour tout charrier, tout réunir, afin de refermer le cercle.
Nous avons du coup eut droit à, à chaque fois, un élément de chaque livre, je pense. Les griffons déjà croisés qui rajoutent leur grain de sel, Kerowyn toujours aussi drôle  (bon sang échafaudage du plan final, je pense que c'est la première fois que je ris à m'en étouffer devant une scène pareil, vraiment), un personnage qui revient au tout début du livre pour mieux vous faire hurler, la magie, Ventnoir et Elspeth... mon dieu.
J'ai vraiment eu l'impression, définitivement, de sauter à pieds joints dans un autre et véritable monde. Et devoir aujourd'hui le quitter me serre le cœur.
Hé, vous voulez un secret ? Lorsque j'ai eu finit de lire la première trilogie (les Flèches), la première fois, j'ai presque prié pour que peut-être, un cheval blanc vienne me rendre visite... 

Et tout cet univers ne serait peut-être pas si merveilleux sans le scénario qui s'attache sur la trame qu'il forme, et qui est tout bonnement dantesque ! (Pourquoi ai-je l'impression de dire ça à chaque fois... ?) Sérieusement, non seulement Mercedes réunit tous les éléments de son univers, mais elle le fait bien, avec une raison qui tient la route et un scénario qui non seulement explique ces présences, mais qui les sublime avec un talent fou en les emmenant là où on ne pourrait jamais imaginer qu'ils iraient. Je ne m'en étais pas rendue compte (et bon sang que c'est bon !), mais elle avait déposé des jalons partout, depuis la trilogie des Griffons jusqu'à celle du dernier Héraut-Mage, en passant par les diptyques ou Kerowyn, sans parler des Flèches...
Le personnage qu'on rencontre en tout début du livre m'a carrément fait hurler, tant je pensais ne jamais le revoir et que sa fin avait été un déchirement doux-amer à lire, plusieurs tomes auparavant. Et tout ce qu'il fait, l'humour dont il fait preuve... Honnêtement, je ne savais plus si je devais rire ou pleurer. Le plan qu'on voit doucement se mettre en place, ensuite, comme une sorte de partie d'échecs qui se déroule entre deux camps dont aucun ne parle, pourtant. J'ai bien dû maudire une vingtaine de fois certaines personnes à mon avis. Et puis, la fin, où tout s'accélère, et où l'air de rien, on a vaguement l'impression que notre propre rythme cardiaque va nous lâcher à force de mettre le champignon...
Et la fin. Qui semble radieuse et pourtant, comme pour reprendre le nom de la trilogie qui suivra, annonce doucement la tempête que l'on voit rugir, au loin.

Tempête qui rugit tout au long des péripéties sous le crâne de nos personnages, toujours aussi hauts en couleurs, les uns comme les autres. Elspeth la première, qui va faire tourner en bourrique les gens de son pays dès qu'elle y remet les pieds, et c'est le cas de le dire. Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'elle a fait au moment où elle l'annonce, je pensais à autre chose honnêtement... je ne vous dirais rien mais croyez moi, vous serez surpris !
Quant à son histoire avec Ventnoir, j'ai beaucoup aimé un moment en particulier qu'ils partagent vers le début du livre. Je ne vous en dirais pas plus, mais c'était vraiment... doux et agréable à lire. D'autant plus qu'à aucun moment Mercedes ne nous parlera de "lien pour la vie" entre eux, nous laissant le droit d'imaginer ce que l'on désire à ce sujet. Une discrétion d'auteur que je ne peux qu'apprécier. Même si je dois bien avouer que maintenant, la place de Ventnoir me pousse à m'interroger... que fera-t-il, lui qui appartient à une Vallée et non à Valdemar ? J'ai vraiment hâte de pouvoir lire les trois tomes des Tempêtes pour le savoir, ça.
Flammechant, à son tour, va bénéficier d'une évolution du caractère qui est, je trouve, bienvenue. Même si à la base il n'a pas un caractère si "difficile" (à l'instar d'Elspeth...), apprendre l'humilité lui fait un peu de bien, et les deux éléments qui créent cet apprentissage sont ma foi très bien placé. Le premier étant le "retour" (bref, mais quelque part plus long que ce qu'on pourrait penser puisque par ce biais, Mercedes nous confirme un soupçon qui me taraudait depuis la fin d'une certaine trilogie, et qui quelque part, offre un peu de baume au cœur suite à ce déchirement là.

Un autre personnage va obtenir une sorte de "rédemption". En fait, j'aimerais vous en dire plus, mais je ne peux pas et ça me tue tellement c'était bon sang de bien trouvé ! Sachez seulement que vous avez croisé l'espace de dix pages ce personnage lors du second tome, et que vous le retrouverez ici bien plus présent. Il deviendra même votre plus précieux allié... pour un espion bien planqué, croyez moi que c'en est un !
Enfin, les "Grands Méchants" (parce que oui, pour un tel tome, il en faut obligatoirement plusieurs) m'auront clairement fait hurler à peu près à chacune de leur apparition. Et bon sang que c'était bon ! A nouveau, parfois voir Mercedes décrire à ce point leur psyché me dérange un peu, mais c'était tout de même très bon à lire. Je dois quand même avouer que l'un des droits a littéralement une chance insolente pour ce qui lui arrive en tout début de livre...
Enfin, un tout dernier détail qui arrive à la fin, quand tout se précipite, nous annonce qu'au final, peut-être bien que ceux qu'on vient de voir n'étaient que du picrate, du vin de bas étage. Et que le véritable "méchant" risque bien de ne pas encore s'être totalement dévoilé... Brrr, ça fait froid dans le dos.


Voilà. Je crois que la chronique se terminera là. Des personnages toujours aussi magistraux, leurs antagonistes toujours plus retords et sombre, l'assurance d'un scénario qui finit en feu d'artifice, malgré la noirceur qui s'annonce, et le tout sur une trame d'univers toujours plus fournie. Le coup de cœur n'est pas passé loin pour moi, et je lui donne au final un... 


9.5/10

Et maintenant, je vais passer commande pour cette trilogie des Tempêtes ! 
Pour lire la chronique du tome 1, par ici !
Pour lire la chronique du tome 2, par ici !

mardi 10 juin 2014

★ - Le Livre du Temps (Carina Rozenfeld)

Titre : Le Livre du Temps (Tome 3)
Auteur : Carina Rozenfeld
Genre :  Fantastique
Série : La Quête des Livres-Monde
Nombre de pages : 221 pages

Résumé :
Zec et Eden sont deux adolescents originaires de Chébérith, une lointaine planète jadis effacée par l'Avaleur de Mondes. Ils ne pourront la ressusciter q'en retrouvant les trois Livres-Monde. 
Les deux premiers livres ont été réunis, mais leur ouverture a provoqué des distorsions qui ont mis à mal la santé d'Eyver au point de le plonger dans le coma. Sans lui, la quête des Livres-Monde s'arrête net, car il est le seul à pouvoir lire les indices laissés en chébérien dans le carnet de Mélior. Et la rentrée approche pour les quatre amis. 
Seul motif de satisfaction, l'Avaleur de Mondes n'est pas revenu depuis quelques jours. 
Mais tout bascule quand un message laissé sur le répondeur de Léa leur apprend qu'il existe d'autres Chébériens quelque part sur Terre... 

N'oubliez pas que ceci est le troisième tome, si vous n'avez pas lu les deux premiers, vous risquez de vous faire spolier une bonne partie de l'intrigue ! 

Et nous voici de retour ensemble pour cette troisième chronique inachevée, sur la fin des aventures de nos amis Chébériens  ! Ce livre, je vous l'ai expliqué, pour moi c'était vraiment le Saint-Graal, attendu, recherché... et qui m'a pas mal torturé puisque j'ai du me forcer à ne pas l'emprunter à la bibliothèque et attendre de pouvoir commander les trois tomes en même temps. Quelle souffrance !
Mais quel livre ! Honnêtement cette attente en valait vraiment le coup, j'ai adoré lire cette troisième partie des aventures de nos héros.

Et il faut dire que l'on commence vraiment en fanfare ! Toute l'ambiance sombre qui pesait déjà sur nos épaules est toujours présente, alourdissant l'atmosphère comme une chape de plomb tandis que l'on se demande comment les héros vont s'en sortir. Et puis, un rayon d'espoir jaillit. Annoncé au dernier chapitre du tome précédent, ils e concrétise enfin, incroyable dans sa nature et dans ce qu'il représente.

J'avoue avoir adoré ce que Carina a fait d'un mystère faisant partie de notre patrimoine culturel, en l'intégrant à son propre univers de façon à le rendre encore plus "réel". On a envie d'y croire, vraiment, et c'est un véritable plaisir que de pouvoir s'appuyer sur une telle preuve. Pour peu, j'en viendrai presque à aller visiter le Pérou pour m'assurer moi-même de l'existence de ce secret !
Et pour le reste, cette plume est toujours aussi magique. Discrète, féerique, présente sans en avoir l'air, vous chuchotant les rebondissements à l'oreille... je pense que je ne finirai jamais de m'extasier sur son style d'écriture. Il est tellement différent de celui de Bottero que je vénère presque, mais si agréable dans son propre style. Carina sait construire un univers tellement crédible qu'on ne rêve que d'une chose : y plonger les yeux fermés, confiants dans le fait qu'elle sait où elle va nous emmener.

Et où elle emmène ses personnages, également ! Personnages qui vivent dans ce troisième tome la dernière partie de leur "évolution", leur permettant d'atteindre une sagesse nouvelle pour certains, une maturité certaine pour d'autre... La partie sombre leur a permis de réfléchir, de grandir, d'assumer encore un peu plus leur choix, de le renouveler même.
Un personnage qui était arrivé plus avant dans le deuxième tome gagne à son tour en maturité et j'avoue que ça fait du bien, tant j'ai eu envie parfois de lui mettre une ou deux baffes au début ! Enfin, j'ai eu dans ce troisième tome la véritable confirmation, totale et absolue, que le personnage qui me laissait un goût amer dans la bouche depuis le début n'était pas et ne serait pas un traître, bien au contraire ! Ce fut en réalité un pilier sur lequel se reposer tout au long de l'histoire, je m'en rends compte maintenant, et ça fait du bien. Quand j'y réfléchis, je me demande s'il sera également présent durant la seconde trilogie qui s'annonce déjà merveilleuse !

Aussi merveilleuse certainement que la fin de ce scénario dantesque. Scénario qui nous aura promis et apporté moult rebondissements, à tel point qu'à la fin je n'en pouvais plus, je ne pouvais plus lâcher le livre, sinon je savais que mon cœur m'aurait lâchée aussi sec ! Je l'ai donc dévoré de part en part sans plus pouvoir m'arrêter, cessant presque de respirer sous les rebondissements inattendus et parfois lourds de sens. Il s'en est fallut vraiment de peur pour que je fonde en larme au détour d'une ou deux pages dont je ne peux malheureusement que garder le contenu secret, vous comprendrez aisément pourquoi !
Mais en tout cas, si le deuxième tome était sombre, celui-là l'est à la fois bien plus, et bien moins. Comme dit un proverbe populaire (enfin, je crois que c'est ça ? Si quelqu'un sait de qui vient la citation originelle, faites moi signe dans les commentaires !), L'heure la plus sombre est toujours avant l'aube. Et ça n'a jamais autant été le cas !

En résumé, des personnages qui terminent une évolution très intéressante, un univers toujours plus prenant et un scénario à vous faire frôler la crise cardiaque... Mais qu'attendez-vous pour vous y mettre, si vous avez lu les deux premiers ?! 
Pour ma part, en attendant d'y replonger, c'est avec plaisir que je lui offre un...


9.75/10

Et une petite pensée pour mon Eden rêveuse, quand elle aura fini de lire ce livre ! :) 
Pour lire la chronique du tome 1, par ici !
Pour lire la chronique du tome 2, par ici !


dimanche 8 juin 2014

Les Vents du Changement (Mercedes Lackey)

Titre : Les Vents du Changement (tome 2) 
Auteur : Mercedes Lackey
Genre : Fantasy
Série : Cycle de Valdemar - la Trilogie des Vents
Nombre de pages : 540 pages

Résumé :
Elspeth étudie désormais la magie avec Ventnoir. Ensemble, ils se sont battus pour protéger le territoire secret des Tayledras. Ensemble, ils ont remporté la victoire.Ils vont maintenant apprendre à se connaitre, à partager les moments de paix et les dangers ; car autour de leur refuge règne la peur. Un ennemi invisible les surveille, essayant de voler les pouvoirs des Tayledras. 
Ensemble, ils vont utiliser leur magie contre le mal... et contre la mort. 



Prenez attention ! De nombreux spoilers courent dans cette région de second tome... Ne les laissez pas vous surprendre !

Et voilà, je vous retrouve pour le second tome de cette trilogie. Après toutes ces aventures du premier tome,  Elspeth et Skif décident de rester avec les Frères du Faucon afin de développer les dons de mage de la jeune femme, Ventnoir se décidant à lui servir de professeur. Et mon dieu qu'il va s'en passer des choses dans ce second tome !
Enfin, à al fois, il se passe des choses, et... en même temps non. C'est assez étrange, et cela m'a peut-être un peu déçue, je vais vous expliquer plus en détail. (Enfin, je vais essayer !)

Sur le niveau des personnages, je n'ai en tout cas pas été déçue, ça c'est clair ! Ils sont toujours aussi haut en couleur, et bénéficient même, pour chacun d'entre eux, d'une évolution nette et intelligente qui m'a beaucoup plu. Mercedes est vraiment très douée pour ça, impliquant toujours ses personnages dans des situations ou des environnements qui vont les pousser à se remettre en question, à réfléchir sur leur propre personnalité et leurs actions.

Ainsi, j'ai pu découvrir une Elspeth qui me gonflait un peu moins, gratter sous sa couverture lisse de princesse une véritable humaine, avec ses failles et ses défauts. J'ai même, parfois, un peu retrouvé la touchante enfant qui m'avait tant faire rire à l'époque de la "Furie".
Ventnoir, que je ne connaissais pas encore tant que ça, m'est devenu plus proche, plus familier, à mesure qu'il se rapprochait d'Elspeth. Je ne vous dirais pas ce qu'il se passe, mais ces deux là m'auront fait en voir des vertes et des pas mûres, ça c'est clair ! Ils ont tous les deux un caractère certain, qui est souvent amené à faire des étincelles... mais c'est agréable de voir qu'ils savent aussi mettre tout ça de côté pour travailler de concert lorsqu'il le faut.

Skif, je dois l'avouer, m'a pas mal surprise. D'une part par son comportement, qui, mêlé à celui de Nyara, a de quoi surprendre pour beaucoup... mais également via les petits bout de passé que l'on peut glaner ça et là, dans les conversations qu'ils partage avec certains personnages. Cela permet de découvrir une autre facette du garçon, plus secrète et plus sombre. Ça change totalement du gamin que l'on voyait dans la trilogie de la Flèche, et qui faisait les quatre cent coups pour aider Talia dans ses aventures. On se rend compte que les personnages ont grandit avec l'oeuvre, vieillit avec l'auteur.

Un personnage en particulier m'aura beaucoup fait vivre avec l'oeuvre. Je ne peux pas vous dire qui, mais je vous assure que lorsque vous le rencontrez, vous le reconnaîtrez. Je suis passé par la méfiance, l'exaspération face à son attitude, l'intrigue quand il se mettait à faire des choses très bizarres - même pour un lecteur qui a conscience qu'on peut toujours bousculer les règles - et enfin un très grand éclat de rire lorsqu'il se révélera à la hauteur, dans une certaine mesure, de son ancêtre.

Un dernier personnage à mentionner est évidemment le "grand méchant" de ce tome-ci. Encore une fois, et en rapport avec  la fin du premier tome, je ne peux rien vous dire de précis... à part que c'est quelqu'un que vous connaissez et que ma foi, si Mercedes a fait un effort à son propos, je suis tout de même un peu déçue. Je pense qu'elle en a trop expliqué sur sa propre psyché... Je ne sais pas trop pourquoi elle a tant voulu le décrire, elle avait peut-être une bonne raison pour le faire, mais pour ma part, j'ai été un peu déçue de "tant" en savoir. Ce n'est pas comme si elle cherchait à l'excuser, mais voir les choses par ses yeux le rend... moins fou, le rationalise, quelque part, et pour ma part, cela a un peu retiré à mon plaisir de lecture.

Le plaisir n'a en revanche pas été gâché par l'univers en lui-même de l'histoire. Le même que celui du premier, il est en revanche plus centré sur la vallée des Frères du Faucon et la magie qui l'habite, sur l'intégration des Hérauts dans cet environnement totalement (ou presque) nouveau. En plus de ça, plus loin dans le livre, une autre partie de cet univers va converger, créer un sentiment délicieux pour quiconque a lu les autres trilogies. On retrouve enfin mention de personnages que l'on a connu et accompagné auparavant, c'est vraiment génial !
Le seul reproche que je pourrais faire à Mercedes pour ce livre est plus d'ordre sentimental... à force, comme Elspeth et Skif, Valdemar me manquait. J'aurais aimé pouvoir retrouver, ne serait-ce qu'un peu le pays...

Hélas, le scénario ne l'aurait pas permis ! Mais je lui pardonne (oui, je pardonne à des scénarios. On a le style, ou on l'a pas, eh), car il était tout de même pas mal entraînant ! Tout au long du livre, on sent que quelque chose va arriver, que tout au long de ces pages des éléments se mettent peu à peu en place pour amener à quelque chose de plus gros. Et si d'un côté je n'ai pas été déçue (bon SANG quels éléments arrivent à un moment, c'est à en tomber par terre !), de l'autre, un sentiment amer reste dans ma bouche. Je trouve en effet que le "climax", la fin du livre, arrive de façon très soudaine et précipitée... j'ai été pendant presque tout le livre persuadée qu'au final, ce dernier n'était qu'une sorte de "tome de transition" pour que l'action arrive, dans le tome 3. Au final je ne vous dirais pas ce qu'il se passe (hé, ça serait pas drôle, sinon !), mais je ne peux m'empêcher d'être un peu déçue.

Enfin, la plume de Mercedes m'aura déjà plus emportée dans le récit que lors du premier tome, avec ses petites imperfections. Encore parfois, à de rares endroits, la description ou des petites parenthèses me poussaient à sauter vaguement quelques lignes (ce que je dois avouer détester faire), mais pour le reste, elle s'est bien rattrapée, entre autre avec une plume parfois acérée pour l'humour, qui m'aura fait éclater de rire à plusieurs reprises, chose pourtant rare chez moi !

Au final, des personnages toujours aussi intéressants, un grand méchant qui, par son "explication", m'impressionne moins, un univers toujours aussi magique même si une partie me manque, un scénario légèrement décevant sur la fin, et une plume toujours aussi belle. C'est avec plaisir que je lui offre un : 



7.5/10

Et maintenant, je file retourner lire le troisième tome. Iiiih ! 
Pour lire la chronique du tome 1, par ici !
Pour lire la chronique du tome 3, par ici !

samedi 7 juin 2014

★ - Le livre des Lieux (Carina Rozenfeld)

Titre : Le Livre des Lieux (Tome 2)
Auteur : Carina Rozenfeld
Genre :  Fantastique
Série : La Quête des Livres-Monde
Nombre de pages : 251 pages

Résumé :
Zec et Eden sont deux adolescents originaires de Chébérith, une lointaine planète jadis effacée par l'Avaleur de Mondes. Ils ne pourront la ressusciter q'en retrouvant les trois ivres-Monde. 
Voilà dix jours qu'ils ont récupéré le premier livre, à l'issue d'un périple dans les calanques de Marseille, et l'ont mis à l'abri dans un coffre-fort. Mais, ce faisant, ils ont réveillé l'entité destructrice qu'ils espéraient justement contrer. Ils se lancent donc dans la quête du deuxième livre la peur au ventre, avec la sensation d'être observés. Ils n'auront pas trop du soutien de Louis et Léa pour résister à l'Avaleur de Mondes, qui tente par tous les moyens de faire avouer à Zec où est caché Le Livre des Âmes...

N'oubliez pas que ceci est le second tome, si vous n'avez pas lu le premier, vous risquez de vous faire spolier une bonne partie de l'intrigue ! 

Et nous voici de retour ensemble pour cette seconde chronique inachevée, sur la suite des aventures de nos amis ailés ! Deuxième tome que j'avais dévoré juste après le premier à l'époque, puis relu plus rapidement lorsque j'ai enfin reçu les trois tomes et que je voulais découvrir le troisième au plus vite. Que vous dire sur lui, alors ? Eh bien, globalement, je dirais qu'il est déjà plus... sombre, que le premier. Vous allez voir pourquoi.

Du côté de la Plume de Carina, rien n'a changé. Elle est toujours aussi belle, légère et entraînante. Je n'ai vraiment rien à dire, les moments sur le blog de Zec me semblent plus espacés, mais en même temps vu les aventures qui se précipitent à sa rencontre, je ne peux que comprendre pourquoi ! Déjà que moi j'ai du mal à tenir un blog sans me forcer, si en plus des ailes me poussaient dans le dos et qu'un truc qui détruit les mondes me court après pour récupérer des bouquins, je pense que j'aurai moi-même du mal à le mettre à jour ! Bref, compagnon discret qui vous accompagne et vous fait voguer dans la lecture, rien à dire de plus sur cette plume.

Le scénario, lui, devient plus... sombre, je trouve. Le livre, qu'on pense d'abord pouvoir retrouver dès le premier rendez-vous autour d'un lieu précis de la ville où sont les héros, se retrouve bien plus compliqué à dénicher au final. (En meme temps, à voir le livre débusqué au bout du troisième c hapitre, je me disais "c'est pas possible, y a un traquenard quelque part, ça peut pas se finir comme ça !... et j'avais bien raison). Et la façon que les héros vont devoir adopter pour retrouver et récupérer le livre tranche totalement avec ce qu'on attendrait de l'histoire, j'avoue ! Même si ça n'est de loin pas désagréable du tout. Par contre, le déroulement de cette méthode, et la tendance qu'elle prend au bout d'un moment, finit par être un peu... dérangeante.
Enfin, mais je ne peux pas vous en dire beaucoup malheureusement, un évènement arrive vers la fin du livre qui est horriblement tordant pour les boyaux et le coeur. J'en suis venue à haïr de toute mes forces un personnages - un humain lambda, mais qu'est-ce que j'ai pu détester ma propre race à ce moment là. Cet évènement finit de parachever la fin du livre d'une petite couche de brume noire qui pèse sur ce second tome comme une chape de plomb. Quelques petits détails ramènent un peu la lumière et l'espoir (surtout lors du dernier chapitre, bon sang que mon coeur avait battu à l'époque !!), mais c'est léger, très léger...

Du côté des personnages aussi, les choses s'assombrissent un peu.
Ok, un peu beaucoup.
Zec et Eden commencent, avec l'arrivée de l'Avaleur de Monde, à prendre conscience dans la pleine mesure, de la tâche qui leur a été confié... et du danger qui y est accroché. Ils deviennent alors plus matures, ils réfléchissent plus... ça fait un peu bizarre, comme si c'était le lecteur, lui-même, qui sortait de l'adolescence et qui prenait conscience de la vie, devant lui, et de l'aventure qu'il doit accomplir. Coup de chapeau.
Et puis, quelque chose se glisse entre eux vers le premier tiers du livre, en la présence d'un autre personnage. Un personnage que je salue pour s'être plutôt bien caché pendant tout le premier livre, je n'aurai pas pensé qu'il prendrait une telle importance ensuite !

Louis, Eyver et Jerôme eux aussi gagnent une partie de cette facette sombre. Les deux premiers vont prendre sur eux pour garder un secret qui permettra de protéger Louis quelque part, mais qui lui rappellera à lui aussi (bien qu'il tienne quand même ça avec l'humour), que l'histoire devient de plus en plus sombre et que des sacrifices sont de mises. Enfin, je ne peux rien vous dire concernant Eyver parce que cela relève du haut spoiler, mais bon sang que j'ai eu mal, si mal pour lui. Vraiment. Et en même temps, j'avais toujours peur, encore et toujours, d'un certain personnage et de sa probable trahison - qui n'arrivera pas non plus dans ce tome. Ouf ! Encore mes excuses, personnage.
Quant, enfin, à l'Avaleur de Mondes... malgré ce qu'il est, j'aime bien ce "personnage". La façon qu'a Carina de l'introduire et de le décrire ne me pousse... pas à de la sympathie, mais à de la compréhension. Chaque chose a un début et une fin, et je comprends donc qu'il existe. Même si en l'état des choses, je le déteste pour avoir détruit un monde qui s'annonce aussi beau que Chébérith !

Alors voilà. L'histoire, l'univers, les personnages, principaux ou secondaires... tout s'assombrit, sous une plume toujours aussi magistrale que celle de Carina. Cette part sombre qui s'annonce me pousse à aimer un peu moins ce tome. Mais c'est tout de même avec beaucoup de plaisir que je lui offre un...



8.5/10

Pour lire la chronique du tome 1, par ici !
Pour lire la chronique du tome 3, par ici !

mercredi 4 juin 2014

Les Vents du Destin (Mercedes Lackey)

Titre : Les Vents du Destin (tome 1) 
Auteur : Mercedes Lackey
Genre : Fantasy
Série : Cycle de Valdemar - la Trilogie des Vents
Nombre de pages : 540 pages

Résumé :
Elspeth, héritière du trône de Valdemar, cherche désespérément un mage capable de s'opposer aux puissances noires qui menacent les frontières de son pays. Elle se rend au cœur des Terres Extérieures, et y découvre un univers vieux de plusieurs millénaires, jadis contaminé par une catastrophe surnaturelle. Des races étranges y luttent contre des monstres assoiffés de sang et de pouvoir, avides de s'emparer de toute magie pour renforcer la leur. Entraînée dans cette guerre, Elspeth va devoir trouver sa propre voie... et découvrir la vraie nature de Besoin, l'épée magique. 


Quelle vieille histoire que celle me liant aux récits de Mercedes Lackey. Bon, elle n'a pas plus de trois ans je crois, mais pour moi, elle a déjà vécu plusieurs méandres. J'ai rencontré ses personnages pour la première fois lorsque je me baladais à la bibliothèque de mon quartier. Curieuse, je me baladais l'air de rien parmi les rayonnages des romans adultes, lorsque je suis tombée sur trois livres, intitulés "Les flèches de la Reine, l'envol de la flèche, la chute de la flèche." Intriguée par les titres, le résumé du premier tome et les couvertures, ma foi magnifiques, je les ai empruntés. Sitôt le premier tome entamé, je les ai dévorés avant même de me rendre compte de ce qu'il se passait. Je vous en parlerait certainement dans une prochaine chronique, mais l'univers de Mercedes Lackey m'avait totalement emportée, me laissant à la fin des trois tomes pantelante, brûlant du désir de continuer à chevaucher auprès de Talia et de ses amis.

C'est guidée par cette envie que je suis donc allée me jeter dans les bras de Google mon ami. J'y ai déniché les informations que je cherchais : une "suite" existait, ne se concentrant non plus sur Talia mais sur un autre personnage bien connu dans la première trilogie, la princesse Elspeth. Je me suis donc bientôt procurée la Trilogie des Vents dont ce livre est le premier tome, et ai commencé à le lire. Mais en le lisant (et en  le finissant dans la foulée), je me suis rendue compte que beaucoup d'informations, si elles ne me manquaient pas vraiment pour comprendre ma lecture, semblaient tout de mêmes lacunaires quant à l'univers lui-même. C'est là que j'ai appris qu'il existait en réalité bien d'autres tomes (plusieurs trilogies et diptyques pour être exacte), que l'auteur préconisait de lire avant de commencer cette trilogie. J'ai donc mis la lecture de ces trois livres sur pause pour me procurer et lire les autres trilogies, que j'espère pouvoir un jour vous chroniquer ici.

Et me voilà, après avoir prêté ces dites trilogies à une amie, en train de reprendre celle-ci (vous allez rire, mais j'aime bien avoir lu mes propres livres avant de les prêter... !). J'ai donc décidé pour éviter de ne plus rien comprendre à la série, de relire entièrement le tome 1 avant de penser à commencer les autres. C'est donc avec un entrain d'abord modéré (j'avais déjà lu le livre, je n'avais plus de surprises... non ?) que j'ai repris le livre, avant de me rendre compte d'un détail merveilleux : j'ai toujours eu une mémoire fantastiquement nulle, qui avait entre temps tout oublié ! J'ai donc redécouvert le livre avec plaisir, me laissant surprendre par la plupart des retournements dont je ne me souvenais déjà plus.
Bref, après cette introduction longue de trois beaux pavés, que dire sur ce premier tome ?

Bien sûr, pour ceux qui auront lu la trilogie des Flèches avant, c'est un peu décevant de ne plus voir Talia que comme un personnage secondaire qui apparaît "vaguement" au début de l'histoire. De l'autre côté, c'est un petit clin d’œil et c'est tout de même normal que la "main" change (mais je ne vous expliquerai pas pourquoi, à vous de le découvrir !). En dehors de ça, que penser de notre nouvelle héroïne et de ses compagnons ?
Eh bien, Elspeth est intéressante. Ce n'est pas le genre de personnage "parfait", et c'est un détail que j'ai toujours aimé chez Mercedes Lackey : la complexité de ses personnages. La princesse reste ce qu'elle est : une princesse. En découle chez elle le plus beau caractère que j'ai jamais vu, souvent teinté d'un peu trop d'arrogance et de fierté de soi. Elspeth est importante, et elle le sait, ce qui la rend parfois un peu trop imbue d'elle-même. Le comportement qu'elle a, à un moment, avec un de ses camarades, m'a juste donné envie de lui mettre une ou deux paires de baffes.

En même temps, il s'agit d'un caractère qui va petit à petit évoluer au fil du tome et (pour ce que j'en ai vu), des suivants également, donc je pense que je peux lui pardonner. Surtout que ce n'est pas comme si elle n'avait pas des circonstances atténuantes vu ce qu'il se passe avec les Compagnons et le reste des aventures, à côté... Parlant de Compagnon, je suis un peu intriguée par la relation qu'elle partage avec son propre Compagnon, Gwena. Habituée à celle de Talia avec Rolan, muette et basée sur les émotions, j'ai été un peu.. surprise de découvrir une toute autre sorte de lien, formée de mots et parfois même de beaucoup d'échanges plutôt froids ! En même temps, après avoir découvert plusieurs choses sur les Compagnons, je comprends un peu le ressentiment d'Elspeth, ça m'aurait ennuyée de découvrir que quelqu'un d'aussi proche me cachait de telles choses, moi aussi...

Mais il y n'a pas que Gwena qui en prend pas mal pour son grade. Skif, l'autre compagnon d'Elspeth, va aussi en voir des vertes et des pas mûres avec la jeune femme. Cela se comprend d'un côté vu ce qu'il se passe entre eux, mais je ne peux m'empêcher de penser, comme Gwena, que la jeune femme est parfois cruelle avec lui, même si c'est sous couvert de sauvegarder l'amitié qui existe entre eux. Skif possède lui aussi une évolution très intéressante par rapport aux aventures qu'il a vécu dans la trilogie des flèches où on le rencontre encore assez jeune. Même si j'avoue avoir certaines ... réticences à imaginer certaines choses, au vu de l'âge qu'il me semblait avoir. Mais la véritable évolution le concernant, à ce que j'ai pu comprendre pour l'instant, arrivera surtout dans le second tome grâce aux clés posées dans le premier, je n'en parlerai donc pas trop ici.

Tout au long de l'histoire, en parallèle des aventures d'Elspeth, nous rencontrons Ventnoir, vivant sa propre vie de son côté. Il est évident qu'ils finiront par se croiser, mais en attendant, découvrir ce nouveau personnage est une bouffée d'air frais, surtout qu'il vit dans une région totalement différente de celle d'Elspeth, presque dans un univers différent. C'est assez déstabilisant lorsque l'on a pas lu les autres trilogies, mais cela devient un agréable clin d’œil et même une sorte de "retour aux sources" lorsqu'on l'a fait, car les peuples cités deviennent alors familiers, connus. Bien vite, on est pris entre les deux histoires, et l'on a envie de hurler à chaque chapitre et donc, chaque changement de point de vue et de personnage... Quel soulagement quand ces deux là se rencontrent enfin !

Je ne vous parlerai pas en détail des autres personnages, mais ils sont tous extrêmement important. Entre celui qui manipule et est manipulé en même temps, déchiré entre ce qu'on lui a infligé et le devoir entre son peuple, celle qui connaîtra les mêmes tourments et devra faire un choix presque incompatible avec toute sa vie, et le dernier personnage qu'on ne soupçonnerait pas au début et qui va se révéler incroyablement agaçant de part le mystère qui l'entoure en permanence, vous avez de quoi être servi !

"L'ennemi", enfin, celui que j'appelle, dans tous les livres que je lis, le "Grand Méchant". Mercedes a toujours su faire des ennemis à la hauteur de ses personnages, aussi cruels, fous et cyniques que ses personnages peuvent être vertueux. Encore une fois, je n'ai pas été déçue ! Ce méchant est à la hauteur de mes attentes, parfaite balance avec les autres personnages. Il est cruel et me rendrai presque malade tant il sait jouer avec les vices et les perversités de l'être humain, détournant la magie avec un talent totalement malsain. Ce qu'il en fait, et la façon dont sa psyché est décrite est juste magistrale. Il n'arrive peut-être pas à la hauteur d'Ancar, qui dans le dernier tome de la trilogie des Flèche m'avait carrément rendue malade, mais il sait se hisser à la hauteur de tous les autres personnages croisés dans les précédentes trilogies ! Je crains sérieusement, malgré la fin de ce tome 1, pour la suite...

C'est toujours un plaisir de découvrir cet univers si riche de Mercedes s'élargir, voir les Hérauts s'ouvrir à d'autres horizon qui ne correspondent plus tellement aux leurs. Globalement, il s'agit d'une réunion de la trilogie des Flèches et celle de la proie de la Magie, avec les trilogies se passant sur d'autres personnages, dans d'autres pays. Les deux "univers" fusionnent enfin, les éléments dispersés dans les précédentes trilogies s'emboîtant comme des puzzles. Et pour ne rien gâcher de tout ça, cette fusion se déroule au sein d'un scénario plus qu'entraînant.

Ce dernier pose dès le départ les enjeux qui vont nous poursuivre tout au long de la trilogie elle-même, avant de s'intéresser au déroulement de l'histoire de ce tome seul. Comme à chaque fois, je me rends compte que Mercedes aime à déposer des indices, ça et là, dans le premier tome, en vue de ce que l'on découvrira dans les suivants. Le plan du "Grand Méchant" est aussi malsain et pervers que lui, et c'est avec horreur qu'on le découvre au fil des pages, qu'on se rend compte de toutes les machinations qu'il met en place pour obtenir ce qu'il désire vraiment. et croyez moi qu'il en désire, des choses !

Enfin, tout ces éléments sont portés par une plume très agréable à lire. Agréable, mais très souvent alourdie par des parenthèses et des descriptions parfois ... inutiles, superflues. Je comprends la volonté de Mercedes que de nous partager les merveilleux décors qu'elle crée. Je comprends aussi que certaines choses sur la magie qu'elle a créées sont compliquées à appréhender et qu'il faut les expliquer. Mais j'ai quand même eut du mal à lire certains passages, où les descriptions étaient extrêmement longues, ou même d'autres passages d'explications, parasités par des parenthèses inopportunes qui me donnent l'impression de sortir complètement du contexte sans raison. Cela me sortait un peu de ma lecture.

Malgré ces quelques points noirs, j'ai tout de même adoré ma lecture. Ce n'est pas un coup de foudre au même niveau que la trilogie des Flèches que j'adore toujours plus à chaque relecture, mais c'était un moment très agréable, et j'ai hâte de finir les tomes 2 et 3 pour vous faire les chroniques suivantes ! En attendant, cce premier tome récolte un...


8/10


Allez, je retourne travailler... ! 
Pour lire la chronique du tome 2, par ici !
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mardi 3 juin 2014

Bilan de Mai 2014

Premier bilan et je suis déjà à la bourre... c'est pas sérieux tout ça ! 
Avant toute chose, je profite de votre attention pour remercier ma merveilleuse Eden des Rêves pour l'idée de mise en page de ces bilans, que je lui ai honteusement piquée... Promis je te ferai des muffins à ce que tu veux pour me faire pardonner ! :)

Livres dévorés : 



Petits nouveaux dans la bibliothèque : 




   




Emprunts aux amis généreux : 






Visiteurs d'autres bibliothèques :




Mon coeur s'est emballé pour... 



Mon coeur s'est brisé pour... 

Aucun ! Champagne ! :) 

Livre répudié 

Aucun ! Champagne ! :)

La question du Heurtoir

Hélas, le Heurtoir est resté endormi, ce mois-ci... Peut-être, le mois prochain, se réveillera-t-il ?